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Et si la gauche laissait le marché continuer à (dé)réguler le secteur musical ?

Ecrit par jean-renaud le . Communiqués, News

cnm COMMUNIQUÉ DE PRESSE -­? 27 SEPTEMBRE 2012

Depuis plus d’un an, les différents acteurs du secteur musical (création, spectacle vivant, formation, musique enregistrée, distributeurs et diffuseurs) sont mobilisés autour du chantier de Centre national de la musique. Impulsé sous un gouvernement de droite, piloté par une équipe compétente (extérieure à la filière), le CNM avait reçu le soutien du candidat Hollande qui s’était engagé à en faire « un outil au service de la diversité culturelle », pointant ainsi l’ambition majeure de ce projet initié en 2011. L’enjeu d’un nouvel établissement repose en effet sur sa capacité à repenser en profondeur, après des années d’apathie, un secteur de la musique particulièrement inéquitable. En accordant une part importante aux artisans de la musique, en regroupant pour la première fois les différents maillons de la chaine musicale, en plaçant au cœur des dispositifs les logiques innovantes, l’intérêt général, l’irrigation des territoires ou le juste partage de la valeur (et en les dotant de moyens adaptés), on voyait enfin poindre à l’horizon 2013 un écosystème 2.0 potentiellement plus vertueux, capable d’inventer un avenir plus collectif et plus durable aux milliers d’artistes, producteurs, salles, festivals, écoles, labels, médias.

Sans une vraie vision politique, sans la volonté d’imposer dès 2013 une nouvelle ambition -­? à la hauteur des mutations actuelles -­? pour la création, la production, la diffusion, le marché continuera son rôle de régulateur naturel, imposant ses nouveaux modèles économiques destructeurs pour la création musicale, creusant le fossé entre créateurs et amateurs de musique, sans se voir opposer par la puissance publique des visions alternatives centrées sur le renforcement de la diversité culturelle, la structuration, l’emploi, la diffusion élargie des œuvres et leur juste rémunération.

Pour justifier l’arrêt de cette nouvelle dynamique les arguments sont malheureusement aussi nombreux qu’irrecevables :
  • fusionner 7 structures mettrait en danger la diversité (alors que les guichets et les équipes actuels seraient maintenus et renforcés par une vision transversale nouvelle et une volonté d’optimisation des fonds publics),

  • le Ministère n’aurait pas les moyens financiers (alors qu’il s’agit précisément de partager une taxe existante payée par les FAI sans aucune nouvelle contribution publique),

  • l’Europe (encore elle !) remettrait en cause un financement pérenne

  • ou encore qu’il serait injuste de priver le CNC de 90 M€ (alors que ses ressources augmentent de façon exponentielle depuis des années et se chiffrent en centaines de M€).Les détracteurs du projet martèlent qu’il est urgent de ne rien changer, qu’il convient de lancer une énième mission de concertation, d’en reparler dans quelques mois, de prendre le temps de la réflexion. Certes, on nous annonce des actes 2 (de l’exception culturelle, de la décentralisation) pour traduire la volonté de changement martelée pendant la campagne mais, cinq mois après l’arrivée d’une nouvelle équipe, les cartes ne sont toujours pas rebattues.Nous continuons de revendiquer d’urgence la création d’un établissement unique qui regroupe l’ensemble des acteurs, une gouvernance représentative de la diversité du secteur et des mesures financières nouvelles et massives nécessaires à la restructuration et à la pérennité des structures.


Sous quelle forme et à quel rythme l’Etat va-­?t’il assumer sa fonction de régulation en matière culturelle, affirmer sa volonté de changer les équilibres, redonner de la valeur à la création, l’expérience sensible, la rencontre (… en un mot, la musique), ouvrir de vrais débats sur ces questions du partage des expressions artistiques, débloquer des financements adaptés, imposer une gouvernance élargie au plus grand nombre (impliquant tous les acteurs, les collectivités et les publics), stimuler l’émergence de dynamiques alternatives, oser des réponses innovantes (gestion collective des droits sur internet, contribution créative) ?

En différant sans cesse ses réponses, en saupoudrant dans des plans d’urgence des fonds épars, en remettant en cause le très large consensus obtenu autour du CNM, on risque simplement de reconnaitre publiquement que les principes de sélection naturelle gouvernent désormais aussi le secteur musical.

*le SMA : le syndicat des musiques actuelles regroupe 200 entreprises de la filière dont les fédérations nationales Fédurok, FSJ (fédération des scènes de jazz), Fneijma (fédération des écoles d’influence jazz et musiques actuelles), CD1D et Férarock. CD1D est à la fois une fédération professionnelle de labels indépendants et un laboratoire d’outils numériques collectifs destiné à inventer de nouvelles sources de diffusion et de rémunération au service de ses 250 membres. La Felin rassemble au sein d’une confédération -­ et de ses adhérents (labels, producteurs, managers, fédérations régionales et nationales) -­ plus de 500 structures.


 
Contacts médias :

CD1D -­? Cédric Claquin -­?– 06 21 07 29 42 – ailissam@free.fr

Le CNM, une occasion unique de repenser la filière musicale

Ecrit par redaction le . Communiqués

Rapport «création musicale et diversité à l’ère numérique», préparatoire au Centre national de la musique

Alors que le rapport, commandé au printemps 2011 par Frédéric Mitterrand, a été rendu public vendredi 30 septembre, les quelques 450 labels indépendants, artisans de la musique, structurés au travers de nos fédérations, souhaitaient réagir aux réflexions et aux propositions formulées dans ce document. Si plusieurs points restent évidemment à discuter, nos structures apportent clairement leur soutien à la dynamique de création d’un Centre national de la musique (CNM) car il envisage, pour la première fois, un dispositif ambitieux susceptible de répondre aux mutations que connaît l’ensemble de nos métiers depuis 10 ans. Ainsi, un certain nombre de points nous semble particulièrement pertinents : - La nécessité d’agir vite et de mobiliser des moyens importants La situation est critique pour beaucoup de nos membres : il faut donc agir vite. Le rapport propose de s’appuyer sur des dispositifs existants sans créer de taxe nouvelle (ni pour les FAI ni pour les internautes), et pouvoir, au-delà des débats et du temps politique de l’élection présidentielle, rendre le dispositif opérationnel en moins d’un an. - Adopter une approche nouvelle et globale de la filière L’organisation actuelle de la filière ne permet pas, on le voit, de résoudre la crise que traverse la musique enregistrée. Il faut donc que les choses bougent de façon significative ; la remise à plat de l’ensemble de la filière autour d’un établissement commun nous semble constituer une opportunité unique de repenser de façon plus ouverte, plus moderne et plus collective la place de chacun dans un secteur qui ne se définit pas seulement par des critères économiques ou technologiques. - La reconnaissance du rôle essentiel des TPE et des associations dans la création musicale et la diversité Pour la première fois, les centaines de structures qui forment le maillage historique et fondateur de la diversité musicale, du respect des artistes et des publics autour d’une passion partagée, sont prises en compte dans le fonctionnement et la répartition des aides. Même si les répartitions entre aides automatiques (réservées aux grandes entreprises du disque) et aides sélectives (réservées aux labels indépendants) nous semblent déséquilibrées (65/35 serait plus juste) et par trop centrées sur la seule valeur économique des structures, leur travail d’intérêt général et l’indispensable rôle que nos labels ont dans la création, vont enfin pouvoir être reconnus et soutenus par la collectivité. - Le disque physique existe toujours ! Trop souvent négligé ou enterré (par des industriels du numérique soucieux d’accélérer leur développement), le disque physique constitue toujours l’essentiel des ventes de musique en France (et tout le monde s’accorde désormais pour dire qu’il ne disparaîtra pas). En proposant de soutenir les réseaux de diffusion, les lieux de prescription ou les disquaires indépendants, le CNM envisage d’investir un terrain essentiel du paysage musical. Certains sujets sont malheureusement trop rapidement évoqués ou insuffisamment développés et constituent pourtant des enjeux majeurs pour la filière dont le CNM devra s’emparer : - comment restaurer la valeur de la musique ? - quelles dynamiques pédagogiques met-on en place pour retisser l‘indispensable lien distendu depuis 10 ans avec les publics ? - comment les modes alternatifs de droits d’auteurs et de licences libres (Creative Commons), les logiques de contributions créatives ou de gestion collective viennent-ils enrichir les débats ? - quelle place les publics peuvent-ils prendre dans ces nouveaux espaces ? Ce rapport n’est qu’une étape. Il impose néanmoins que le Président de la République et le Gouvernement se positionnent de façon forte et rapide sur cette opportunité d’adapter toute une filière à de nouveaux usages,de nouveaux acteurs et de nouvelles cultures. Les fédérations nationales et régionales de labels indépendants entendent bien prendre leur part dans la création de cet outil nécessaire et indispensable. SIGNATAIRES LES ALLUMÉS DU JAZZ Fédération nationale de labels indépendants de jazz et musiques improvisées APEM-LR Association des producteurs et éditeurs de musique en Languedoc Roussillon CD1D Fédération nationale de labels indépendants FEPPAL Fédération des éditeurs et producteurs phonographiques indépendants des Pays de Loire FEPPIA Fédération des éditeurs et producteurs phonographiques indépendants d’Aquitaine FEPPRA Fédération des éditeurs et producteurs phonographiques indépendants de Rhône-Alpes FLIM Fédération des labels indépendants de Midi-Pyrénées FLIPPE Fédération des labels indépendants et producteurs phonographiques de l’Est LA MINE Music Industry North Europe - Nord Pas de Calais PIAF Producteurs indépendants et autoproduits Francilien PHONOPACA Groupement des acteurs de l’industrie musicale en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Revue actu et médias filière musicale du 15 septembre 2011

Ecrit par redaction le . Revues de presse

ÉCO NUMÉRIQUE

25 % de CA pour le numérique grâce à Deezer, mais pas pour tout le monde… LaTribune donne ainsi la parole au président du SNEP Denis Ladegaillerie, « le syndicat des producteurs de musique », (oubliant au passage de préciser qu’il représente pas toute la profession) qui déclare que « Cette hausse provient, pour les deux tiers, des abonnements à des services de musique sur Internet, dont les recettes ont été multipliées par 3,4 (à 9,7 millions d’euros). » Pour rappel, Deezer est inclus dans le pack abonnement ADSL d’Orange. Les revenus du streaming payant représentaient ainsi au premier semestre 2011 23,2 % des revenus numériques contre 14,1 % au premier semestre 2010. Si les ventes numériques progressent de 22.78 % (+9.8 millions) celles de supports physiques baissent de 12 % (?23.7 millions).

Revue actu et médias filière musicale du 5 septembre 2011

Ecrit par redaction le . Revues de presse

FILIÈRE MUSICALE

2011 année de transition pour la filière musicale en selon le SNEP. Dans son rapport 2011, le syndicat des gros producteurs en remet une couche sur le rôle censément positif de l’Hadopi et se réjouit que « l’audience des sites légaux est désormais sensiblement supérieure à celle des services illégaux.  » (…/…) « Ces changements sont très encourageants et placent le marché de la musique enregistrée en tête de la mutation numérique des industries culturelles.  » ElectronLibre rappelle cependant que « cela ne suffit pas à renverser une tendance qui a vu, en huit ans de récession, le chiffre d’affaires annuel des producteurs passer de 1300 millions d’euros à 554 millions (- 57 %). » Et que si le streaming sur abonnement, « l’offre de bundle de Deezer et Orange, poursuit son envolée sur la période (+ 57 % en valeur par rapport au premier trimestre 2010), la croissance des ventes en téléchargement semble marquer le pas (+ 7,8 %). » De surcroît les offres bundle ne sont activées que par 30 % des abonnés ADSL qui l’ont  inclus d’office dans leur offre.

Revue actu et médias filière musicale du 21 juillet 2011

Ecrit par redaction le . Revues de presse

LICENCE GLOBALE / CONTRIBUTION CRÉATIVE

« La contribution créative, ce que les labels en pensent ». Un titre d’article alléchant mais trompeur faisant suite à la proposition de redevance à 2 € de Martine Aubry. Les « labels » interrogés sont My Major Company et d’Universal Music ! Les Inrocks jadis chantre de l’underground oublient le cœur de leur métier. Pascal Nègre d’Universal croit lui encore aux vertus sensibilisatrices de la loi Hadopi, mais opportuniste ménage Martine Aubry.