Économie de la filière phonographique
La musique a un prix
Répartition des revenus du disque (support physique)
Base calcul prix public d’un CD : 16€50 -TVA 19,6 % versée à l’État 2,70 € = 13,80 €
Répartition des revenus de la musique numérique
iTunes domine le marché avec environ 70 % des ventes tout en étant la plate-forme numérique la plus rémunératrice. La Fnac et Virgin se dégagent des marges supérieures, mais leur part de marché est très faible. Les labels indépendants bénéficient de moins bonnes conditions de rémunération que les majors.
Base calcul : un album vendu par iTunes : 9,99€ – TVA 19,6 % versée à l’État 1,64 € = 8,35 €
Base calcul : un morceau vendu par iTunes : 0,99€ – TVA 19,6 % versée à l’État 0,16 € = 0,83 €
Support physique ou numérique, les revenus des ventes s’avèrent évidemment essentiels pour développer la carrière des artistes. Les labels indépendants sont les principaux défricheurs et investisseurs en matière de nouvelles sonorités.
Les musiques actuelles, économie créative
Dépassant le cadre des industries culturelles, l’activité des labels indépendants s’inscrit dans le champ de l’économie créative. Celle-ci se situe à la croisée des chemins entre les arts, la culture, les affaires et la technologie.
Englobant l’intégralité du cycle de la création, depuis le studio d’enregistrement jusqu’à la distribution dans les bacs à disques, l’activité d’un label indépendant illustre bien le concept d’industrie créative. Ce secteur représentait 2,6 % du PIB européen en 2003. Prescriptrice de tendances et de nouveautés, l’activité des labels indépendants s’avère donc indispensable pour favoriser la diversité culturelle tout autant que l’économie. Alain Busson d’HEC avance ainsi qu’« une des particularités des industries culturelles est que l’offre crée sa propre demande ».
Les labels indépendants constituent en outre un marché de niches. Ils nourrissent la longue traîne décrite par Chris Anderson en 2004 dans le magazine Wire : ils vendent de nombreux produits en petite quantité constituant au final un chiffre d’affaires non négligeable. Ce sont donc des acteurs économiques à la légitimité établie.
Le critère de mesure qu’est le PIB s’avère néanmoins insuffisant car il n’inclut pas toutes les externalités positives du secteur non marchand, comme la pratique musicale au sein d’associations. Les labels indépendants concrétisent cette pratique en signant par exemple des artistes pour qui la musique n’est pas l’activité principale. Les producteurs musicaux favorisent ainsi l’émergence de la classe créative chère au professeur américain en aménagement urbain Richard Villa.
Dépassant le cadre élitiste décrié de ce dernier, les labels indépendants propagent lien social et identité culturelle depuis les métropoles jusque dans les zones rurales. Le mathématicien Xavier Comtesse rappelle ainsi que “Culture, créativité et attractivité sont les trois composantes indissociables de la prospérité du 21ème siècle.” L’action des producteurs indépendants sera décisive pour renforcer l’attractivité des territoires, tout autant que favoriser la création d’un tissu culturel bien vivant et multiple.
Certaines références sont issues de l’ouvrage Économie créative (Mollat bordeaux).
